Novembre 2003 - Revue du référencement
Olivier Rozenkranc possède une vingtaine
d’années d’expérience dans le monde de l’édition
logicielle. Il a créé les premiers logiciels d’EAO (e-learning)
et a participé à la création de logiciel de base de données
standard ou de cabine multimédia pour l’évaluation de
personnes.
Expert base de données pendant 7 ans chez Business Objects (dont il
a été l'un des tous premiers collaborateurs),
Bonjour, pouvez-vous nous présenter
les process d’accompagnement des innovations technologiques des entreprises
par l’ANVAR ?
l’ANVAR attribue ses aides par rapport à
de nombreux critères mais dans les domaines où j’interviens
plus précisément, je m’occupe particulièrement
de l’organisation du département de production et celui de la
qualité. En effet, un point important est la pérennité
de l’entreprise. Il ne suffit pas d’avoir une innovation dans
sa poche, faut-il encore savoir et pouvoir l’industrialiser, trouver
son marché et faire tout ce qui est possible pour assurer la croissance
de l’entreprise innovante. Cela passe donc par de l’organisation
avec la mise en place de processus de développement fiable et adapté
ainsi que la mise en place de méthodes et de la qualité. Il
ne faut pas voir forcément la qualité dans le sens ISO mais
plutôt qualité dans le sens optimisation des ressources.
De quelle manière les technologies sont-elles
intégrées dans les politiques des entreprises ?
Clairement la difficulté rencontrée le
plus souvent est que l’entreprise possède une technologie et
donc pense posséder un produit. Cela est souvent faux. La technologie
est au service du produit. On vend un produit et pas une technologie.
Comment pensez-vous que cela évolue-t-il
?
De mieux en mieux, mais en France on est assez loin
de l’entreprise « managée » par le département
marketing. Trop souvent, je rencontre des sociétés menées
par le département de développement. Après le crash de
la net économie, je pense que sous l’influence des fonds d’investissement,
le département marketing et commercial reprend le dessus par rapport
aux technologies qui doivent rester au service du produit.
Vous avez accompagné un grand nombre de
lancements de sites web. De quelle manière était perçue
la composante réalisation technique du site : une contrainte ? Un élément
créatif ? Un moyen ? Une source différenciatrice ?
Intéressante question. Bizarrement, les sites
web ont trop fait la part belle à la technologie, reléguant
le coté pratique et l’accessibilité en seconde place.
Mais ce qui est paradoxal c’est que la qualité technique a été
très souvent la grande absente des processus de production des sites
web. On s’est souvent retrouvé avec des sites complexes, techniques
et buggués. Les sites web ont été trop techniques pour
être innovant. Aujourd’hui la vraie différenciation n’est
pas la technologie employée mais réellement la créativité
artistique du site. On revient sur un site car on trouve facilement l’information
et le site est « sympathique » beaucoup plus que parce que on
y utilise une technologie « hype ».
Lors des discussions sur les moyens techniques
qui vont être utilisés (choix du serveur, type d’hébergement,
langages de publication etc), avez-vous conscience des incidences de ces choix
sur le référencement ? Le référencement est-il
parfois un élément pris en compte à ce stade ? Si oui,
pour quels types de choix ?
Le langage importe peu dans la majorité des
cas. Je me préoccupe du référencement lorsqu’on
m’appelle pour établir les spécifications d’un site
web et que je travaille avec l’équipe commerciale et marketing.
Si le site est réalisé entièrement par des informaticiens,
les issues concernant le référencement risquent de passer à
la trappe. Pour moi, le référencement est une composante qui
doit être discutée dès le début des spécifications
afin de savoir comment va être découpée l’information
mise à disposition. Ce qui se conçoit bien, s’explique
bien et se référence bien.
Avez-vous déjà vu des cas où
la promotion du site en général, et le référencement
en particulier, a nécessité d’envisager une refonte du
site ou des changements dans les choix techniques?
Oui, assez souvent. Généralement j’étais
appelé lorsqu'il était trop tard et, faute d’avoir eu
des revenus grâce au site, la société fermait ses portes.
Généralement, tous les sites conçus par des informaticiens
sans aide marketing sont dans la catégorie « à refaire
». Je suis intervenu pour des sociétés qui ont levé
beaucoup d’euros mais qui n’ont pas eu le succès escompté,
échec largement imputable à leur site web vitrine électronique.
Travaillez-vous régulièrement sur
des innovations liées à la recherche sur Internet ou au référencement
?
Je travaille souvent pour des sociétés
éditant des logiciels sur Internet, ou pour Internet, mais assez peu
pour les web agency qui ont souvent cru à la technique sans qualité…
Selon vous, quelles sont les principales évolutions
qui restent à faire dans ce domaine ?
C’est sans doute un lieu commun de le dire,
mais la principale évolution serait de penser qu’il y a des vrais
consommateurs sur internet. La création de besoins est rare, par contre
le passage de la réponse à des besoins sans l’Internet
vers la réponse à ces même besoins avec Internet est une
voie qui n’est pas encore suffisamment explorée.
Parallèlement à votre activité
à l’ANVAR, vous dirigez Business Process Partner, qui aide les
entreprises à accompagner les changements technologiques. Quels sont
les problèmes que vous rencontrez le plus fréquemment dans ce
cadre ?
Comme je l’ai dit, la difficulté des
entrepreneurs est de confondre technologie avec produit, développeur
avec qualité, et « time to market » avec pérennité.
Mes principales missions sont souvent un coaching de l’équipe
technique, une mise en place de processus de développement adaptée
et la mise en de processus qualité. J’interviens sur des sociétés
de 5 à plus de 100 personnes et dans de nombreux domaines. Internet,
le médical, les jeux, l’éducatif, la business intelligence
ne sont que des spécia lisations de technologies. Les méthodes
de réussite et de pérennité restent souvent les mêmes.
Le monde des outils de recherche est un grand fournisseur
de brevets technologiques… En France, on a l’impression qu’il
y a quelques initiatives intéressantes de la part notamment de petits
moteurs, mais qui ne suscite pas l’engouement du public. Comment expliquez-vous
ce phénomène ?
En France on a très souvent de bonnes idées,
de bons ingénieurs mais une faible capacité de déploiement.
Historiquement, les informaticiens français se sont souvent rendus
captifs d’un marché américain.
Face à la perte de parts de marché
de Voila, pensez-vous qu’il soit stratégique de disposer d’un
outil de recherche français ?
La concurrence est toujours une bonne chose. C’est
un stimulant du marché. On ne crée que sur un marché
concurrentiel. Grâce à l’ADSL, la France se réveille,
un renouveau des moteurs français serait effectivement le bienvenu.
En conclusion, un mot sur Business Process Partner
?
Business Process Partner a deux catégories de clients.
- Les investisseurs qui mandatent la société afin d’effectuer
des audits technico-économiques ou des missions de « redressement
» de département technique.
- Les entrepreneurs qui font appel à mes compétences et celles
de mes collaborateurs afin d’organiser les départements développement,
support technique, formation en y installant des méthodes de développement
et des processus qualités fiables et adaptés. Nous collaborons
aussi bien avec les nouvelles structures qu'avec celles qui ont un certain
âge.
Nous avons organisé des éditeurs de logiciels
dans le domaine internet, médical, base de données, décisionnel,
etc